Dessine moi... un voisin!

Le cohabitat? C'est une façon de se loger autrement, de participer à la création et à la vie d'un voisinage centré sur les rapports humains plutôt que sur les voitures et la consommation... Venez partager mes rêves de cabane, et rêver avec moi!

03-30-2006

J'adore cette photo...

johnandallie_harmonyJ'adore cette photo... Elle résume en un clin d'oeil toute la beauté d'un covoisinage multi-générationnel. Le monsieur c'est John Lightburn et la petite fille s'appelle Allie. Ils sont voisins dans le covoisinage d'Harmony Village au Colorado.
Notre société a divisé le peuple des humains en groupes d'âges. La plupart de nos amis sont des gens du même groupe d'âge que nous. A l'école, c'est incontournable on a essentiellement des amis au sein de sa classe, parfois une classe au dessus ou en dessous. Par la suite, dans l'entreprise, c'est un peu plus flou, la classe d'âge des "actifs" est plus grande; mais dans la plupart des entreprises que j'ai fréquenté, les gens avaient tendance à se tenir ensemble par groupe d'âge a eu près homogènes... et finalement quand vient le temps de la retraite, on se retrouve dans le groupe des vermeils, à regret ou avec joie...
Quand j'étais petite, j'étais jalouse de mes copines à l'école qui avaient des grands mères qui leur racontaient des histoires ou leur faisaient des gâteaux.  Mes grands pères décédés avant ma naissance, mes grands mères étaient loin, et leurs esprits maternels n'étaient pas exactement surdéveloppés. Mes oncles et tantes étaient loin aussi, je connais assez peu mes cousins. Alors j'avais adopté des grands parents. Un couple de nos voisins, un charmant vieux monsieur, ébéniste à la retraite, avec un belle barbe blanche et sa douce compagne de toujours, qui me mijotait d'inoubliables soupes à l'oignon. Mon Papy et ma Mammy Varengue... j'en garde des souvenirs de trésors de tendresse. J'en ai encore la larme à l'oeil.
Les enfants et les personnes agées sont des amis naturels. Ils ont le même sens du temps... ils vivent au présent.
Mes enfants ont la chance d'avoir des grands parents adorables. Ils s'entendent très bien avec ma Maman. Malheureusement, comme nous habitons en France, ils ne verront sans doute pas très souvent leurs grands parents paternels qui sont à Madagascar. Alors j'espère vraiment que quand nous habiterons en covoisinage, ils pourront en plus se choisir des Papys et Mamies pour partager avec eux le temps des gens qui ont le temps de vivre.

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03-22-2006

Un genre de famille Ingals... mais en moins zaméricain et en beaucoup plusse bien!

Alors voilà, ma liste au père noël pour notre communauté à nous (ma tribu de rakotos et moi). Silence, on rève!

Notre covoisinage à nous, il est à la campagne, mais pas trop loin d'une grande ville (proche de Grenoble ou Chambéry, ce serait rudement chouette, mais Lyon ou Toulouse, ça irait aussi, bref, un peu n'importe ou, mais plutôt dans la moitié Sud où il fait beau un peu souvent). On a rachetté un grand corps de ferme avec des dépendances, qu'on a aménagés en petites maisons. On a un grand parc de plusieurs hectares, avec une rivière au milieu. Et plein plein d'arbres.

piscine2Devant notre maison commune, tout au bout de la terrasse, on a installé une piscine naturelle biologique. L'eau est filtré par un savant système de bassin de régénération qui nous évite d'avoir besoin d'utiliser du chlore. Et puis c'est bien plus écologique. Le retour du printemps annonce les premières baignades. J'ai bien hâte.

On est 37 adultes et 26 enfants dans notre communauté. Le plus vieux à 87 ans, et la plus jeune, c'est ma douce Avana qui vient d'avoir 6 mois. Elle restera pas la plus jeune longtemps d'ailleurs, ma voisine attends un bébé pour le printemps. Mes voisins de droite, c'est un charmant jeune couple. Lui est Brésilien, il joue de la guitare et l'été quand on fait des feux dans le parc, il nous joue des airs de bossa nova au coin du feu. Sa femme (celle qui est enceinte) est Polonaise, et quand elle cuisine les petites galettes de pomme de terre qu'on mange avec de la crème et du sucre, mon petit Loulou et moi, on ne peux pas résister à cette odeur... heureusement, elle en fait toujours trop alors il y en a pour nous aussi.

Mon voisin de gauche est un ébéniste à la retraite. Il a quatre enfants et 9 petits enfants. Les petits viennent souvent rendre visite à leur papy. Il est un peu bourru, mais du genre qui cache un coeur gros comme ça. Il a perdu sa femme il y a quelques années. Ses enfants disent qu'ils sont rudement content de le savoir là, bien entouré. Nous en tout cas, on est rudement content de l'avoir. Les enfants l'adorent, ils l'ont baptisé Papybois. L'atelier bois, c'est son domaine. Pour y entrer, on doit montrer patte blanche. Et gare à celui qui oublierai de ranger un outil. Quand les petits le demandent gentiment, et qu'ils se tiennent tranquilles, il les autorise à venir travailler avec lui dans l'atelier. Et ils sont fiers comme des papes. J'hésite à lui demander de me montrer, à moi aussi... à croire on devient timide avec l'âge....

terrasse2Notre maison commune c'est Maurice Sauzet qui l'a conçu dans l'ancienne grange de la ferme. Sur le devant, il nous a concocté une terrasse terrible, un véritable salon d'extérieur. S'il n'en tenait qu'à moi, je pourrais vivre là.  A l'intérieur de la maison, il y a bien sur une cuisine et une grande salle à manger avec une cheminée, un salon avec une grande télé pour regarder les matchs... et aussi une super chouette salle de jeu pour les petits loulous, et une salle de polochons, avec des coussins partout et des matelas, c'est spécial pour chahuter autant qu'on veut. A l'étage, il y a 2 chambres d'amis pour les visiteurs de passage et un dortoir pour que les ados puissent laisser leurs chambres quand on a beaucoup de visiteurs pendant les fêtes. Au sous sol, on a une buanderie et une salle insonorisée ou les ados peuvent jouer de la batterie et organiser des boums. Dans le salon, il y a un piano et souvent le soir, on fait des boeufs terribles ou tout le monde chante les classiques de sa jeunesse. On a aussi une sorte de mini épicerie auto-gérée qui nous permet de faire des achats groupés de nourriture. Tout le monde a la clé, quand on a besoin d'un litre de lait, on se sert et on le marque sur la feuille.

cabane3Dans notre parc, il y a une chouette structure en bois, avec un toboggan et deux balançoires. Il y a aussi un bac à sable et un trampoline. Mais la vraie vedette de notre parc, celle qui fait l'unanimité dans le coeur des enfants, c'est la cabane perchée. Pour jouer à Tom Sawyer. Pour se réfugier et se raconter des histoires. Un endroit loin des adultes, où on peut se réfugier et depuis lequel on peut observer le monde, vu d'en haut. Territoire d'enfance... j'en suis presque jalouse, et je suis pas la seule. C'est vrai quoi, pourquoi est ce que les enfants seraient les seuls à avoir droit à leur cabane dans les arbres?

Et bien ce n'est plus le cas... nous les grands, nous avons aussi notre paradis dans les arbres. Une plate-forme suspendue au milieu des cimes, un peu perdue au coeur de notre parc, loin du bruit. Si vous ne me trouvez pas chez moi ou dans la maison commune, ne me cherchez pas trop longtemps, je suis la haut, à bouquiner, faire du yoga ou simplement profiter de la vie et des odeurs de la foret...

litperche1A coté de notre covoisinage, notre voisin direct est une ferme. Le fermier fait d'ailleurs partie de la famille maintenant, plusieurs fois par semaine il partage nos repas. Il fait du maraîchage bio et il est notre fournisseurs officiels de bons légumes frais. Il a aussi une vache, deux brebis, quelques canards, des lapins, un cochon et des poules. Les petits adorent aller lui rendre visite à la ferme ou dans les champs. Heureusement qu'il aime les enfants.

Mais je dois vous laisser, c'est mon tour de faire la cuisine ce soir...

On s'y croirait non? Bientôt j'espère... en attendant venez participer à mon rêve, l'enrichir et vos idées, le rendre plus vivant encore, le transformer en NOTRE rêve.... Ou bien rêvez la votre, de communauté, et venez nous raconter!

Vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir en grand. Je vous encourage aussi à visiter les superbes sites d'où elles proviennent:
- les cabanes viennent de la cabane perchée
- la terrasse vient du site Sauzet-Gouzy architecture naturelle
- la piscine de chez Bioteich
- et j'ai piqué mon titre aux paroles de la chanson d'Aldebert "Carpe Diem"

"Ce serait comme un genre de famille Ingals, mais en moins Américain... et en beaucoup plus bien!"

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03-21-2006

Look bob, it's a book

Pour les ceusses qui speak langliche, voici la liste des bouquins au sujet du covoisinage. (Vous pouvez cliquer sur les images pour les commander sur Amazon).

cohobook1 1) Cohousing: A Contemporary Approach to Housing Ourselves
de Kathryn McCamant, Charles R. Durrett, Ellen Hertzman
Kathrynn et Charles sont les pionniers du cohousing aux États Unis. Tous deux architectes, ils étaient en voyage d'étude au Danemark lorsqu'ils ont découverts les Bofaellesskaber. Ils ont été tellement enthousiasmés qu'ils ont rammené le concept aux États Unis et l'ont baptisé cohousing. Ils sont à l'origine de plusieurs dizaines de communautés aux États Unis et sont désormais à la tête d'un bureau d'architecture spécialisé dans le covoisinage : The cohousing Company en Californie. Leur livre est superbe, de très chouettes photos ou illustrations à chaque page. Une partie décrit des communautés Danoises, une autre des communautés américaines, avec tout pleins de remarques pratiques sur l'évolution du concept au fil du temps, les leçons retenues, les voies à suivre... Pour quelqu'un qui veux comprendre le covoisinage, c'est un excellent livre d'introduction. Je vous encourage aussi à visiter leur site, la page des projets réalisés est particulièrement impressionnante.

cohousing_handbook 2) The Cohousing Handbook : Building a Place for Community
de Chris et Kelly ScottHanson
Cet autre couple de pionniers du covoisinage aux États Unis est également à la tête d'un bureau de conseil spécialisé dans le covoisinage: Cohousing Ressources. Contrairement au précédent, ce livre comporte très peu de photos ou de description de communautés existantes. En revanche, il explique pas à pas comment procéder pour créer sa propre communauté. Chaque étape est discuttée avec beaucoup de détails, depuis la formation du groupe, l'acquisition du terrain, le financement du projet, les aspects important du design... et va jusqu'au déménagement. Ce livre est une merveille, totalement complémentaire avec le précédent, il offre un formidable guide pour ceux qui sont prêts à se lancer dans l'aventure. Il y a un ou deux chapitres dont le contenu est vraiment spécifiquement américain (structure légale de la propriété, permis de construire...), mais si les structures légales ne sont pas nécéssairement transposables en France, ces chapitres n'en offrent pas moins d'intéressantes pistes sur les choses à creuser pour pouvoir adapter le modèle à la réalité française.

creatinglife1 3) Creating a Life Together: Practical Tools to Grow Ecovillages and Intentional Communities
de Diana Leafe Christian
Ce troisième livre met l'accent sur un aspect que les deux autres survolent: le coté humain, les outils de communication, les méthodes de facilitation en groupe, des trucs pour apprendre à se connaître et à se faire confiance, les outils d'aide à la prise de décision par consensus... A mon sens, c'est un indispensable. L'auteur explique pourquoi la plupart des groupes échouent, quels sont les pièges à éviter, quelles sont les étapes importantes. Alors que les deux autres livres apportent toutes les réponses pratiques pour faire sortir de terre une communauté autour d'un groupe existant, ce livre ci aide a comprendre la dynamique d'un groupe, son cycle de vie normal, ce qui fait que la mayonnaise va prendre, ou non. Et le fait que la mayonnaise prenne, c'est la condition sine qua none pour qu'un projet de covoisinage ait une chance de voir le jour. Parce que même aux États Unis, où les communautés sont nombreuses, de nombreux groupes essaient, et échouent quand même.

reinventing1 4) Reinventing Community: Stories from the Walkways of Cohousing
sous la direction de David Wann
Encore un incontournable. Celui là vient tout juste de sortir (Je vous ai scanné la couverture du mien, parce que sur Amazon, ils ont encore la couverture de la maquette). La merveilleuse initiative de Dave, a été de demander à des gens qui résident dans divers covoisinages à travers les États Unis de témoigner de leur quotidien, de ce qu'ils aiment, ce qu'ils aiment moins, leurs combats, leurs espoirs... il en sort un livre plein de vie et de tendresse, écrit par cinquante mains. Certaines histoires sont drôles, d'autres plutôt tristes, toutes sont touchantes. Pour quelqu'un qui envisage le cohousing, c'est vraiment une occasion incroyable d'avoir une idée, un avant goût "vu de l'intérieur".
La façon dont j'ai découvert ce bouquin est une histoire en soi. Sur Internet, j'étais fascinée par les témoignages des gens qui résident dans les covoisinages (le site de la "Cohousing Association" américaine en regorge). Je me disais que s'il y avait une chose à faire pour faire connaître le modèle à mes compatriotes, c'était bien de traduire ces témoignages pour les rendre accessibles à un public francophone. J'ai donc envoyé un mail pour demander l'autorisation de traduire ces témoignages. Dave m'a répondu que les témoignages avaient été écris pour son livre et qu'il me donnait son accord pour traduire et publier sur Internet tous les témoignages que je voudrais dans son livre. Si c'est pas de la coopération ça!... D'ailleurs, je dois dire que tous les contacts que j'ai lié jusqu'à maintenant (toutes les photos reproduites sur ce blog le sont avec la permission de leurs auteurs), je suis tombé sur des  gens adorables, serviables et très enthousiastes à l'idée de m'aider à démarrer un groupe de covoisinage en France. Kelly Scotthanson dit même qu'elle serait ravie de venir animer un atelier!

Enfin bref, j'ai une traduction en cours, celle du témoignage d'une maman dont le titre est "il faut tout un village pour élever une maman!". J'ai l'intention d'en traduire tout plein... revenez me voir...

Alors voilà, en vous souhaitant une bonne lecture...


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03-15-2006

Des principes si merveilleusement simples...

Bon, alors je vous ai fait l'envolée lyrique, maintenant venons en aux faits... La beauté du covoisinage, et ce qui a fait son succès, ce sont quelques principes merveilleusement simple qui rendent sa création relativement facile et accessible à tous types de publics.

Les 4 grands principes du covoisinage:

1) Les futur résidents participent à la conception de leur voisinage et travaillent ensemble à créer un lieu de vie qui réponde à leurs besoins spécifiques, à leurs valeurs et leurs priorités.C'est aussi ce qui leur permet d'apprendre à se connaître et à se faire confiance. En quelque sorte, c'est comme ça que la mayonnaise monte.  Un voisinage dont les résidents ne participeraient pas à la conception ne serait pas un véritable covoisinage.

windsong_covered_street2) Un design centré sur les relations humaines: lors de la conception, tout est fait pour favoriser le sens de la communauté. Les maisons qui sont généralement groupées autour de la maison commune; les espaces verts sont préservés; on organise un parking pour maintenir les voitures en périphérie; les maisons se font face autour d'une ruelle... On conçoit aussi des espaces communs qui serviront pour un usage quotidien: cuisine, salle à manger, salle de jeux, atelier, salle de lavage, salle de musique, aire de jeux, bac à sable, piscine, jacuzzi... Dans certains climats froid, comme au Danemark ou au Canada, on crée même des rues couvertes entre les maisons, pour permettre de rejoindre la maison commune sans avoir besoin de remettre bottes et manteaux (ci contre, une photo du covoisinage de Windsong au Canada).

3) Le voisinage est géré par ses résidents, sans organisation hiérarchique. La plupart des covoisinages optent pour la gestion par consensus. Il n'y a pas de chef, même si on constate un leadership naturels chez certains membres. Généralement, chaque aspect de la vie de la communauté est gérée par un petit comité qui doit rendre des comptes au grand groupe. Les résidents participent au(x) comité(s) qui les intéressent le plus. Obtenir le consensus, c'est l'art de se concentrer sur la clarification des besoins de chacun pour tricoter ensemble une solution qui saura y répondre adéquatement. Contrairement au suffrage qui sépare les gagnants des perdants frustrés, le consensus vise à obtenir l'adhésion de chacun. La facilitation des réunions peut être délicate au départ, et il semble fortement recommandé que certains membres, sinon tous, participent à des atelier de formation au consensus.

4) Pas de partage des revenus. Typiquement, le covoisinage n'est pas une source de revenus pour ses résidents. Quelques exceptions ponctuelles peuvent être remarquées, comme lorsqu'un des résidents est architecte et participe au design, ou encore un résident avocat qui s'occuperait de la mise en place de la structure juridique. A mon sens, c'est là la grande force du principe. Ses fondateurs n'ont pas cherché a créer une communauté parfaite pour humains sur-évolués, une utopie réalisée, etc... ils ont simplement mis en place un système qui fonctionne dans l'état actuels des rapports humains et sociaux en pratique dans notre partie du globe. Et ça marche!

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Atelier en angleterre

Donc, comme je vous disais l'autre jour, je suis allé en Angleterre pour participer à un atelier organisé par le Threshold Center, un covoisinage anglais installé dans le Dorset (à l'ouest de Londres, au sud de Bristol).

J'en suis revenue plus motivée que jamais. Maintenant, je peux dire que j'ai vu de mes yeux vus. Et ce qui m'a le plus interessé, c'est que sur les douze participants, j'étais la seule jeune maman. Jusque là, j'avais surtout vu l'intéret du covoisinage du point de vue des mamans. Mais tous les autres participant étaient des gens de plus de cinquante ans qui cherchent des solutions constructives pour créer un lieu amical dans lequel ils pourront vieillir en harmonie. C'est vraiment enrichissant de partager toutes leurs idées, leurs besoins...

Les bouquins américains parlent beaucoup de l'importance de bien articuler la vision en début de projet. Jusque là, je ne comprenais pas vraiment pourquoi c'était si important. Et là, devant tant de besoins divergents ou complémentaires, j'ai du me rendre à l'évidence: articuler la vision c'est une absolue nécéssité. C'est un peu comme choisir des compagnons de voyage... Imaginez que je rève de faire un safari en Tanzanie, et que vous vouliez aller voir les mongols et passer des vacances sous les yourtes. Nous avons 3 choix, je vous suis en Mongolie, et je ronchonne tout le long que je ne vois ni lions ni éléphants. Vous me suivez en Tanzanie et vous ronchonnez sans arrêt qu'il n'y a pas de yourtes. Ou bien nous comprenons avant de partir que nous devrions plutôt chercher d'autres compagnons de voyages, qui partageraient nos envies de départ. Ce serait pas mal plus sain non?

Sinon, le threshold center, est un covoisinage un peu particulier, puisqu'il s'est donné pour mission d'être à la fois un exemple et un centre de formation. J'étais là avec ma soeur et ma fille de 5 mois, et nous avons été accueilli par des gens charmant et très ouverts. Ils donnent beaucoup de leur personne pour animer ces ateliers et aider ceux qui voudraient suivre leurs traces.

Le projet de covoisinage est une sorte de projet témoin pour un projet beaucoup plus ambitieux de construction d'un véritable écovillage. Si vous voulez jeter un coup d'oeil, c'est le projet DEVA.

L'atelier, c'était vraiment passionnant. A la fois par les discussions et parce que ça donnait la chance de faire une petite "expérience" de vie en covoisinage le temps d'un week end.

Et puis j'ai découvert l'existence d'un autre projet de covoisinage anglais The community project, dans le Sussex, qui m'inspire beaucoup parce qu'il a été créé par une bande de mamans. Et le résultat à l'air top cool..... Une communauté de 37 adultes et 29 enfants agés de 2 mois à 65 ans, dans un parc de 23 acres (environ 11 hectares)...

Donc, prochaine étape, prendre contact avec eux et aller les rencontrer... goodie goodie...

Posté par crakot à 22:20 - Mes idées - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03-06-2006

J'adore faire la vaisselle...

vaisselleVous allez me prendre pour une dingue.. mais je vous jure, j'adore faire la vaisselle. En fait, j'adore "laver" la vaisselle... avoir les mains dans l'eau chaude... j'aime bien l'odeur du produit vaisselle... mais surtout, surtout, j'adore papoter avec celui qui essuie et range et avec les autres qui traînent dans le coin. Partager la joie de faire les choses ensemble! Si possible, après un bon repas, en terminant un petit verre de vin ou bien en sirotant un thé... et puis, pas tous les jours! Aujourd'hui je lave, demain, je serais contente d'être parmi ceux qui se contentent de traîner dans le coin, ou même de traîner ailleurs.

Par contre faire la vaisselle, tout seul dans sa cuisine, ça c'est beaucoup, beaucoup moins rigolo déjà...

Quand j'ai commencé à m'intéresser au covoisinage, j'ai un peu tiqué sur les repas communs. Rien que l'idée, je trouvais ça étouffant, ça empiétait sur mon espace vital. Yerk... je vais être obligée de manger avec tous ces gens plusieurs fois par semaine? On se croirait à la cantine. Non non, ça ira merci, c'est ben d'trop communautaire pour moi c't'affaire là, tsé! Heureusement, dans la grande majorité des covoisinages, les repas communs sont facultatifs, on doit faire la cuisine quand c'est son tour, mais on y va manger seulement quand on en a envie. Je me suis donc dit... ok donc, ben j'irais pas et puis c'est tout. Ca m'a permis de surmonter mon dégout et de continuer à m'intéresser au concept...

Et comme je vous disais, j'ai commencé à lire tout ce que je peux trouver là dessus. Le truc qui me fascine le plus, ce sont les témoignages des gens qui habitent un covoisinage et qui racontent leur vie au sein de la communauté. Ce qu'il aiment, ce qu'ils aiment moins, au jour le jour... (D'ailleurs j'ai le projet d'en traduire certains, ici, pour que vous puissiez en profiter aussi). Ça donne une idée de comment on se sent quand on est à l'intérieur. Et j'étais super étonnée de lire à quel point tout le monde semble apprécier les repas communs. Dans certains covoisinages on organise même jusqu'à 7 repas communs par semaine. Aïe... mais ça veux dire tous les jours, ça? Quand j'ai lu ça, ça m'a carrément contrarié. Que des gens qui ont par ailleurs de si bonne idées sur la mutualisation des ressources puissent avoir le mauvais goût de partager leurs repas dans une cantine, voilà une idée qui m'indisposait sérieusement. Mais bref, j'ai décidé de continuer à ignorer cet aspect pour creuser le reste.

Parallèlement, j'ai continué ma petite vie. Ben oui quoi, en attendant, faut bien vivre... Et devinez quoi: chaque jour, il me faut faire à manger pour ma petite famille. Et chaque jour c'est le casse tête ; qu'est ce qu'on va bien pouvoir manger aujourd'hui? On pourrait faire euh... des pâtes? ou peut être euh... du riz? ou alors euh... des patates? Mais on en a déjà mangé hier, ou même à midi ; ce serait bien de manger plus de légumes, non? Mes loulous ont besoin des bonnes vitamines d'une alimentation diversifiée... alors je me force, je fais des efforts, jours après jour, pour trouver des nouvelles idées de bonnes choses à manger. C'est tellement lourd que bien souvent, entre les courses et la bouffe, j'ai l'impression de ne faire plus que ça. Mais je voudrais être une bonne-maman-qui-prends-à-coeur-la-santé-de-ses-enfants, hein! Bien souvent je traverse des phases de découragement. Je déserte la cuisine et on se gave de pizza /croque monsieurs/pates aux fromages pendant quelques jours. Jusqu'à ce que la culpabilité reprenne le dessus et que je me remette à essayer de faire une bonne cuisine santé avec un régime équilibré. Mais quand la purèe de carottes maison faite de carottes bio toute fraichement achetées au marché et épluchées par mes soins toute seule dans ma cuisine est repoussé d'un simple "beurk" sans autre forme de procès, je me découvre des envies de meurtres!

Bref vous savez quoi? Faire les menus, les courses, la bouffe, la vaisselle... tous les jours, ben j'ai horreur de ça!

Ne vous méprennez pas, j'aime bien manger et j'adore faire la cuisine. Mais c'est comme la vaisselle ce truc là: c'est rudement chouette... une fois de temps en temps. Vous savez, quand on invite des gens qu'on aime bien. On y réflechit à l'avance, on hésite, on feuillette des livres de recettes aux couleurs chatoyantes, on imagine un menu, on en salive rien que d'y penser. On cherche comment les épater, les surprendre, leur faire plaisir aussi... La veille on fait les courses, on choisit ses tomates avec amour, une par une, on en profite même pour aller au marché... Le jour j, on se lève un peu plus tôt. On range un peu, on se met aux fourneaux. On partage les croissants au milieu des épluchures, sur fonds d'odeurs de ragoût...

Alors, quand au cours d'une de mes passionnantes lectures de témoignages, j'ai lu: "dans notre communauté, il y a un super chouette restaurant, pas cher du tout, qui s'apelle la maison commune"... et bien j'ai ENFIN vu la lumière! Cuisiner une fois tous les 15 jours/3 semaines et se mettre les pieds sous la table tout le reste du temps... héhéhé... mais c'est une idée tout simplement géniale ça! Au lieu de me prendre la tête, tous les jours pour savoir ce que je pourrais bien faire à manger pour mes loulous, je pourrais tout aussi bien les emmenner dans un restaurant très spécial, où les enfants seraient vraiment les bienvenus, où le "plat du jour" changerait chaque soir selon l'inspiration des cuisiniers du jour... A la fin du repas, les loulous pourraient aller jouer avec des petits copains dans la salle de jeu attenante pendant que je siroterait un thé en papotant avec mes voisins. Après quoi on pourrait rentrer chez nous sans même faire la vaisselle. Et libre à nous de rester chez nous les soirs de crise de besoin d'intimité... où est ce que je dois signer?

Alors voilà, après mûre réflection, les repas en commun sont sans aucun doute, l'une des meilleures idées du covoisinage. Et parmi tous les avantages que j'entrevois dans ce mode de vie, c'est peut-être ce que j'attends avec le plus d'impatience.

Y a que les imbéciles qui changent jamais d'avis!

Posté par crakot à 10:58 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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